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Dublin, mercredi 21 mai 2008
Rae Mc Grath, porte-parole de Handicap International au sujet des bombes à sous-munitions (BASM), dévoile les preuves de ratés des BASM dites intelligentes (sous-munitions à technologie d’acquisition de cibles ou encore « sensor fuzed weapons ») en Irak. Il démontre ainsi que ces armes constitueraient les mêmes menaces que les sous-munitions "classiques". Or ces dernières font l’objet d’un large consensus qui reconnaît qu’elles ont des conséquences inacceptables pour les populations civiles. Rae Mc Grath remet donc en cause la position de certains Etats qui espèrent pouvoir exclure ce type de sous-munitions sous prétexte qu’elles sont totalement fiables et précises. C’est le cas notamment de la France qui possède des BASM de dernière génération dans son arsenal et souhaite les exclure de l’interdiction à Dublin.
Les quatre types actuels d’armes à sous-munitions à technologie d’acquisition de cible sont les BLU-108, les Smart 155, les BONUS et les MOTIV-3M. Ces armes sont stockées par l’Allemagne, la Bulgarie, les Etats-Unis, la France, la Grèce, le Koweit, Oman, la Suède, la Suisse et la Turquie quant à l’Australie et au Royaume-Uni, ils s’en procurent actuellement.
Les partisans des sous-munitions à acquisition de cible mettent beaucoup d’espoir dans de nouvelles technologies qui, en fait, n’ont jamais été testées dans la pratique, excepté dans le cas de la BLU-108 utilisée par les Etats-Unis en avril 2003 en Irak (près de Bagdad, et ensuite au Nord de Mosul au Kurdistan iraquien).
Sur la base d’informations transmises par une organisation humanitaire de déminage présente en Irak en 2003 lors de l’invasion des Etats-Unis, le rapport du porte parole de Handicap International se base sur une utilisation avérée d’armes à sous-munitions BLU-108. Les données de ce rapport démontrent que les arguments avancés par les fabricants et les pays détenteurs de ce type d’armes sont à remettre totalement en question.
Lors de sa présentation, Rae Mc Grath a pu montrer les photos de ces sous-munitions non explosées, au sol, parfois seules à moitié enfoncées dans le sol, parfois plusieurs d’entre elles à proximité de leur conteneur ou encore le conteneur ayant échoué à extraire ses sous-munitions. Ces sous-munitions non explosées interdisent l’accès des communautés à leur terre avant que le travail de dépollution soit totalement terminé.
Cette recherche sur l’impact et les problèmes posés par l’utilisation de la BLU 108 (arme à sous-munitions à acquisition de cible) pose un certain nombre de questions quant à la fiabilité de celles-ci, au regard notamment des arguments avancés par les fabricants eux-mêmes comme le taux de fiabilité, le système d’auto-neutralisation et la propreté du terrain affecté à la fin des conflits. De plus, ce système d’arme à sous-munitions a été développé depuis de nombreuses années sur un budget extraordinaire, par la nation la plus riche au monde. Alors que toutes les compétences et expériences étaient à disposition, la BLU 108 ne fonctionne pas. Si les Etats-Unis ont échoué à produire un système d’arme à sous-munitions fiable en utilisant la technologie d’acquisition de cible, comme des Etats moins bien lotis pourraient-ils y parvenir ?
Ces incertitudes laissent entrevoir le danger qu’il y a à accepter une exclusion au futur traité d’interdiction pour les armes appelées « sensor fuzed weapons » ou encore « à technologie d’acquisition de cible ». C’est pourquoi Handicap International appelle à une interdiction totale de toutes les sous-munitions qui causent des dommages inacceptables pour les populations civiles. Les armes qui n’ont pas ces effets doivent très clairement démontrer qu’elles ne tombent pas sous le coup de l’interdiction. Les pays détenteurs de ce type d’armes devraient apporter des éléments plus significatifs basés sur des tests plus rigoureux que ce qui existe aujourd’hui.

