Handicap International condamne le chantage des Etats-Unis

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Lundi 26 mai 2008
Grand absent du processus d’Oslo, les Etats-Unis tentent d’imposer leur position aux pays réunis en ce moment à Dublin pour voter le texte du traité d’interdiction des bombes à sous-munitions (BASM). Pour faire pression sur les négociations en cours, les Etats-Unis ont recours au chantage. En effet, après avoir utilisé l’argument de l’interopérabilité à Wellington, l’administration américaine menace aujourd’hui les pays signataires de futur traité de ne plus participer avec eux à des opérations de maintien de la paix ou d’aide humanitaire. Handicap International dénonce ces tentatives d’intimidation américaines.
Avec la Chine et la Russie, les Etats-Unis sont les grands absents de la conférence internationale pour l'interdiction des bombes à sous-munitions organisée sous l'égide de l'ONU. Plus de cent pays participent pourtant à cette rencontre, qui se tient à Dublin depuis le 19 mai. La raison de cette absence ? L'administration américaine s'oppose à l'interdiction de ces armes. Stephen Mull, secrétaire d'Etat adjoint aux questions politiques et militaires, a tout d’abord déclaré que ces munitions avaient une "certaine utilité militaire" pour enrayer par exemple « la progression d’une armée ennemie ».
Mais la position des Etats-Unis se radicalise et les arguments utilisés sont de plus en plus condamnables. L’administration américaine estime en effet que l'interdiction des bombes à sous-munitions pourrait remettre en cause la participation des Etats-Unis à des opérations de maintien de la paix ou d'aide humanitaire. "Si cette convention était adoptée sous sa forme actuelle, a expliqué un haut responsable américain, aucun bâtiment de la Navy ne pourrait techniquement être associé à une opération de maintien de la paix, d'aide d'urgence après une catastrophe ou d'assistance humanitaire, comme nous le faisons en ce moment même après le séisme en Chine ou le typhon en Birmanie, sans même mentionner tout ce que nous avons fait en Asie du Sud-Est après le tsunami de décembre 2004. Et ce, parce que la plupart des unités de l'armée américaine possèdent ce genre d'armes dans leur stock."
Aujourd’hui les victimes des BASM et les représentants des ONG présents à Dublin ont protesté devant l’ambassade américaine pour condamner ces déclarations et demander à ce que les Etats-Unis cessent d’interférer dans un processus dont ils ne sont pas partie. De plus, Handicap International rappelle que la signature du Traité d’Ottawa contre les mines antipersonnel il y a dix ans n’avait pas eu d’impact sur la participation des Etats-Unis aux opérations humanitaires, bien que ces derniers n’aient jamais signé ce traité.
