
Akim est peut-être un jeune berger, mais c’est encore un enfant. Ce jour-là, il joue autour de la ferme de ses parents lorsqu’il est surpris par un bombardement de BASM. Retrouvé gravement blessé par son oncle, il est emmené immédiatement à l’hôpital où le diagnostic est pessimiste tant il a perdu de sang.
Quatre mois plus tard, Akim est toujours hospitalisé ; son état ne montre pas de signe d’amélioration. Il souffre de graves blessures et brûlures aux membres inférieurs, et son corps abrite encore de nombreux éclats. Sa jambe droite présente de multiples fractures et doit être maintenue par une broche externe, les deux jambes étant elles-mêmes liées ensemble par des bandages.
Ses nombreuses plaies paraissent très infectées. Des escarres se sont formées.
Il pleure toutes les nuits.

Ce jour d’avril où Ali Mustapha a perdu ses yeux - dans l’explosion qui a également blessé son frère et un autre camarade - trois autres enfants étaient déjà soignés pour blessures par sous-munition dans le même hôpital de Bagdad.
Ali Hamed, 10 ans, originaire de Bagdad, a eu le ventre déchiqueté et l’intestin perforé suite à l’explosion d’une sous-munition avec laquelle lui et des amis étaient en train de jouer !
Saef Sulaiman, 17 ans, a reçu des éclats de projectiles au bas du dos… après que son jeune frère eut ramené une sous-munition encore active dans la maison. L’explosion a tué sur le coup sa sœur de 8 mois.
Une petite fille iraquienne, qui venait de ramasser une sous-munition, a eu la vie sauve grâce au sergent Troy Jenkins des forces terrestres qui la lui a reprise. La sous-munition a ensuite explosé, tuant le sergent Jenkins.
Au cours des dix dernières années, pendant les principaux conflits qui ont secoué le monde, des millions de sous-munitions ont été larguées sur des zones civiles. Beaucoup n’ont pas explosé et attendent leur prochaine victime.
Ces témoignages ont été recueillis par les équipes de Handicap International en Irak au mois de juillet 2003.